L'île en quatre points

Il y avait les arbres, brisés, déchiquetés mais encore fiers qui s’accrochaient au vent, au sable, au ciel, qui s’accrochaient à tout, à la vie comme à la mort, de toutes leurs racines, branches, ramures; Les arbres, des affamés, des éternels mourants…

Il y avait les plages que la marée mettait nues, peaux fragiles et pâles aux stigmates marins, tatouées d’algues et crevées par de lourdes échardes.

Il y avait ce vieux bâtiment seul face au temps et aux tempêtes, ses fenêtres radoteuses qui murmuraient des mots de vent en un long discours effiloché.

Il y avait aussi ces fins de port, ces chemins qui tiraient tout droit sous la mer pour aller se rassasier d’huitres, ces bouts de plages où finissaient toujours par s’échouer le travail des hommes, ces digues têtues au dos gros de vague à l’âme et puis ce phare dont l’œil de verre ne savait jamais où se poser.







 

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