
Surface ondulante, indécise, qui s’avance, se retire, qui s’approche pour mieux se rétracter, se replie pour mieux se jeter en avant. Finalement un ensemble de mouvements installés dans le répétitif, le déterminé; comme si, sous-jacente, une certaine paresse pour la variation se trouvait là, une sorte de volonté vague…
Et si tout ceci n’était qu’impression fausse, si dans le fond comme en surface, il y avait quelque chose d’étrange et d’un peu animal, comme une sorte de timidité, de crainte. Si dans toutes ces ondulations, ces esquisses de soulèvements toujours échoués on devinait plutôt une sorte de pudeur ; si dans tous ces élancements aussitôt effondrés on ne voyait que recul devant la honte à venir?
Si dans chacun de ces élans se manifestait avec force le désir vivace mais aussitôt réprimé de montrer, de révéler. Si, au fond d’elle même, l’eau, dans ses efforts avortés souhaitait dans chacun de ses bonds nous donner à voir, à savoir. Si elle voulait fugacement nous donner à entrevoir ce qui est là, dessous, dans ses dessous, au cœur d’elle-même; ce qui palpite, vibre et respire, ce qui est vie multiple entrelacée, toujours prête à bouger, à se balancer et à danser au rythme aérien de la lune. Si dans ce jeu sans fin de se dévoiler pour se voiler aussitôt, elle souhaitait nous en apprendre plus, nous faire comprendre davantage, pour qu’enfin nous soyons capables de saisir qu’à travers tous ces crépitements d’écume ou ces subtils effleurements que prodigue un clapotis, la mer est toujours de l’amour.
Jean-Louis Bec
Webmaster : DarkBG - © Jean-Louis Bec 2005-2008 - Reproduction interdite sans autorisation
Optimisé pour une résolution de 1280 X 1024 pixels